Lucio commença sa carrière cinématographique en 1947 après des études de médecine. Scénariste de comédies réalisées par Steno avec Toto, il passa à la réalisation en 1959 avec une comédie : « I ladri ».
Pendant 20 ans, Fulci réalisa tous les genres de films dans le plus parfait anonymat. Du western à l’érotisme et de la comédie aux films d’aventure, il était considéré comme un bon artisan par ses confrères.
En 1980, il commence sa trilogie de la mort avec comme premier opus : « Frayeurs ».
Ce triptyque est une ode à la noirceur et à la négation de l’être humain avec une totale absence d’humour ainsi qu’un nihilisme fascinant. A partir de 1983, sa carrière décline. Il tourne pourtant « L’éventreur de New York », un giallo très sanglant. Et « Voix profonde » qui est son film testament dans lequel il filme sa propre mort et sa décomposition dans le cercueil. Un film très troublant.
En 1966, il réalisa « Temps de massacre », avec Franco Nero, un des westerns les plus fous de ce genre de cinéma. Il repoussa les limites de la cruauté à l’écran en introduisant le marquis de Sade dans un univers d’un Ouest de pacotille. On peut y voir les prémices de son futur genre de prédilection : l’horreur sadique.
En 1971, il réalise « Carole, les salopes vont en enfer » un film érotique et très psychédéliques qui mélangent images mentales et réels.
Passons rapidement 6 années durant lesquels Fulci n’arrête pas de tourner, pour arriver en 1977. Fulci livre « Sette note in nero » (7 notes en noire) traduit en français par l’emmurée vivante. Un hommage appuyé au « Chat noir » d’Edgar Allan Poe.
Au fil de ses longs métrages émanent une sorte de goût pour le sadisme, le macabre et la violence, doublé d'une sorte d'obsession, de fascination pour les univers morbides.
Lorsque le « Zombie » de Georges Romero connaît un sucée, les producteurs demande à Fulci d’en réaliser la suite. Ça sera « Zombi 2 ». La principale différence entre le zombie ricain de Romero et le zombie rital de Fulci est la suivante : Le zombie de Fulci est épidermique et apolitique. Il est là pour dégoûter. Celui de Romero fait passer un message sur la société de consommation. Il est moraliste.
Cadavres décomposés, grouillant de vers, le film est âpre, sec, sans une once d'ironie. Le style de Fulci est bien là et les scènes gores font très mal. Très loin de l’ennuyeux « Zombie » du petit Romero, Fulci insuffle sa propre vison de la mort.
L’année suivante, il réalise les 2 derniers volets de la trilogie : « La maison près du cimetière » et « L’au dela ».
La maladie l’oblige à diminuer ses tournages.
En 1987, il sort « Aenigma », un étonnant film fantastique sur la télépathie qui ne laisse pas indifférant malgré la critique négative.
L’année 1990 sonne comme une résurrection. Il tourne 2 films :
« Nightmare concert » dans lequel il joue son propre rôle. Celui d’un réalisateur de films d’horreur torturé par ses idées gores.
Malade, ses jambes rongées par le diabète, Fulci doit se résoudre à utiliser un fauteuil roulant.
En 1996, il devait tourner « Le masque de cire », produit et écrit avec Dario Argento. Malheureusement, la mort l’a emporté le 13 mars. Le film fut réalisé par Sergio Stivaletti.
La légende le veut misanthrope et solitaire. Ses films d’horreur sont basés sur l’échec des personnages et leur mort. Trop gore pour séduire le grand public, Fulci est resté anonyme sauf pour les fans du genre. Gageons que les sorties DVD lui donne enfin une reconnaissance de « maître du gore ». Ciao Lucio e grazia !
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